Un hommage à Malik Oussekine

Jeudi 7 décembre 2006

Catégorie : A l'Assemblée Nationale

Depuis vingt ans, à chaque manifestation étudiante, le nom de ce jeune homme matraqué à mort par les forces de l’ordre revient dans les esprits. Désormais une plaque commémorative rappellera aux parisiens la mort de Malik Oussekine. Installée devant le numéro 20 de la rue Monsieur-le-Prince (VIème), elle a été inaugurée hier après midi (…) en présence de Bertrand Delanoë et de Sandrine Mazetier adjointe chargée de la vie étudiante (…). Le texte est bref « A la mémoire de Malik Oussekine, étudiant âgé de 22 ans, frappé à mort lors de la manifestation du 6 décembre 1986.

L’initiative a été prise il y a un mois par le sénateur PS David Assouline, l’un des leaders parisiens, à l’époque, des manifestations étudiantes. Le maire de Paris Bertrand Delanoë, de nombreux adjoints, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, une partie de la famille Oussekine… Une foule très compacte et émue qui s’est rassemblée dans la rue étroite devant la plaque posée à même le trottoir. « C’est un message pour signifier qu’il faut toujours être à l’écoute de la jeunesse, ne jamais rompre le dialogue, a déclaré le maire de Paris. L’autre message est plus jamais ça. »

Malik Oussekine, étudiant d’origine algérienne et sans histoire, avait été matraqué par deux policiers voltigeurs – une brigade à moto – à l’issue d’une manifestation étudiante contre la loi Devaquet qui voulait instaurer une sélection à l’entrée de l’université. Le jeune homme, qui souffrait de déficience rénale, est décédée sous les coups. Le lendemain le ministre délégué à l’Enseignement supérieur démissionnait. « Ce drame fait partie de l’histoire de Paris et il ne faut surtout pas l’oublier », explique David Assouline.

«Même après vingt ans, cette plaque représente beaucoup pour nous, chuchote une des cousines de Malik Oussekine. Nous venions déjà ici tous les ans déposer des fleurs, maintenant il y aura une vraie trace de cette tragédie. Personne ne pourra l’ignorer. » « J’ai longtemps attendu ce moment, renchérit Amar, le frère de Malik. D’un point de vue personnel, c’est très important. Mais cette plaque devra aussi être un moyen de na pas oublier toutes les violences policières qui ont lieu en France.»

Un seul regret a été évoqué, par quelques groupes de jeunes militants. Sur la plaque même si les mots « frappé à mort » figurent bien, ni les conditions de décès du jeune homme ni l’implication de la police ne sont en revanche mentionnées.