Soutien à la librairie l’Alinéa

Mardi 10 janvier 2012

Catégorie : En circonscription

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Vendredi 6 janvier 2012, j’étais invitée par Fabien RAJALU – responsable de la librairie l’ALINEA, rue de Charenton – à fêter avec les 1.500 signataires d’une pétition, le sauvetage de cette librairie. Celui-ci n’a en effet été rendu possible que par l’intervention in extremis d’un mécène, sans laquelle malheureusement L’Alinéa aurait du cesser son activité.

La disparition possible de L’Alinéa a suscité une forte mobilisation des habitants et des élus du 12ème. Le 4 juillet dernier, le Conseil d’arrondissement avait adopté à l’unanimité un vœu demandant le maintien de cette librairie dans le quartier – un vœu repris et adopté la semaine suivante par le Conseil de Paris.

Si l’horizon semble s’éclaircir pour cette librairie, il n’en va malheureusement pas de même pour l’ensemble de la chaine du livre – et particulièrement pour les libraires indépendants.

J’ai ainsi récemment posé une question écrite – que vous trouverez ci-dessous – à Monsieur Frédéric MITTERRAND, Ministre de la culture, sur les conséquences de la décision du gouvernement d’augmenter le taux de TVA sur le livre de 5,5% à 7%.

Question écrite au Ministre de la Culture :

« Mme Sandrine Mazetier attire l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la hausse de la TVA dans le secteur de la vente de biens culturels.

Depuis que le Premier ministre, sans consultation des acteurs de la filière, a annoncé que le livre fera partie des produits dont le taux de TVA va passer de 5,5 % à 7 %, des éditeurs, des distributeurs et des libraires lui ont fait part de leurs inquiétudes et de leurs mécontents.

Pour de nombreux acteurs de la chaîne du livre, cette annonce intervient au plus mauvais moment et concerne un secteur d’activité déjà très touché par la crise, particulièrement les librairies indépendantes. La hausse de la TVA sur le livre ne rapporterait qu’une soixantaine de millions d’euros, une somme bien modeste, voire même dérisoire au regard de ce que certains contribuables recevront dans le même temps au titre du bouclier fiscal.

Cette mesure, concrètement, va mettre en péril l’existence même de nombreux libraires indépendants et de petits éditeurs, dans un secteur où les marges sont en moyenne d’à peine 0,2 %, soit le taux le plus faible du commerce de détails.

Cette fragilisation de la filière du livre est d’autant plus dommageable au moment où elle doit se préparer à relever le défi du développement probable du livre numérique en France et affronter une concurrence internationale féroce.

Au-delà, cette hausse concerne aussi une « certaine idée de la France » et de la nature de son réseau de diffusion des œuvres écrites. Elle va d’ailleurs à l’encontre des déclarations du ministre aux assises nationales de la librairie qui, dans un plaidoyer qui sonne désormais faux, avait défendu la cause des libraires indépendants.

Elle l’interroge sur les mesures que le Gouvernement envisage de prendre pour soutenir la filière du livre et pour éviter un renchérissement du prix du livre pour les Français. »