Retraites des femmes : la misère comme horizon

Lundi 8 mars 2010

Catégorie : A l'Assemblée Nationale

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Alors que le gouvernement souhaite refondre l’ensemble du système de retraite, il faut rappeler que l’inégalité la plus criante est celle de la retraite. En effet, les retraites des femmes sont très inférieures à celles des hommes, reflétant, en pire, l’état actuel du marché du travail. C’est un état des lieux très inquiétant.

Ainsi, la retraite globale des femmes représente 56% de celles des hommes, soit en moyenne 822 euros contre 1455 euros ; et environ 4 femmes sur 10 perçoivent moins de 600 euros par mois, contre 1 homme sur 10. Un constat d’autant plus alarmant que le quart de ce montant provient des réversions, d’allocations du minimum vieillesse (qui concerne pour 63% les femmes…) ou d’avantages accessoires (comme la bonification de pension pour enfants par exemple).

Les femmes ne bénéficient le plus souvent pas de retraites à taux plein : 34% des femmes ont validé moins de 25 ans à l’assurance vieillesse quand c’est le cas de 4% des hommes. Ceci s’explique par des inégalités encore trop importantes durant la vie active, posant trop d’obstacles à une carrière complète pour les femmes (qui représentent 70% des emplois précaires, 82% des emplois à temps partiel, etc.). Cela provoque des carrières discontinues, ayant pour conséquence des retraites moins importantes que les hommes.

A cela, le gouvernement ne répond rien. Aucune mesure n’a été prévue pour lutter, en amont, contre ces inégalités. C’est dans ce sens que le Parti Socialiste travaille : combattre les inégalités à la racine, dès le plus jeune âge et jusqu’à la fin de la vie, notamment par la mise en place de dispositifs contre la précarité professionnelle.

Pire, la réforme des retraites qui s’annonce risque d’aggraver encore la situation alors qu’elle devrait mettre au coeur de ses objectifs la lutte contre la misère des retraitées.

Rappelons d’ailleurs que le gouvernement actuel avait pensé l’été dernier remettre en cause les compensations pour les mères de famille, projet abandonné notamment suite à un front des syndicats et associations. Rien ne saurait justifier la remise en cause de la majoration pour les femmes, celle-ci venant compenser une inégalité objective. Un tel coup porté aux droits des femmes signerait un retour en arrière inacceptable sur la voie difficile de l’égalité entre les femmes et les hommes.

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