Lutte contre l’absentéisme scolaire… ou contre l’absentéisme électoral ?

Jeudi 24 juin 2010

Catégorie : A l'Assemblée Nationale, A la Une

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L’absentéisme scolaire est un sujet majeur. Aujourd’hui, environ 300 000 élèves sont absentéistes plus de 4 demi-journées par mois. Il aurait donc été souhaitable que le gouvernement et l’UMP sortent – une fois n’est pas coutume – des mesures d’affichage pour prendre à bras le corps un véritable sujet de société.

Or, la proposition de loi d’Eric Ciotti, abusivement appelée « lutter contre l’absentéisme scolaire », consiste purement et simplement à supprimer les allocations familiales. Clin d’oeil punitif supplémentaire à un électorat qui boude. Cette proposition de loi ne s’attache en rien à comprendre et traiter des raisons de l’absentéisme.

Il s’agit en réalité d’un rendez-vous manqué, préférant sombrer une nouvelle fois dans les réflexes conservateurs et répressifs et donner des gages à un électorat qui boude…

Il y a un an, le groupe socialiste avait formulé de nombreuses propositions à ce sujet à l’occasion de l’examen d’un texte sur les violences scolaires. Les députés socialistes, par la voix de Sandrine Mazetier, avaient appelé le gouvernement et la majorité UMP à se pencher sur le malaise de l’école, les violences scolaires, le climat de certains établissements, le décrochage et l’absentéisme…

Le gouvernement et les députés UMP n’avaient tenu aucun compte des multiples propositions faites à cette occasion. Celles-ci visaient à assurer le suivi d’élèves décrocheurs, à établir des bilans de climats scolaires d’établissements en difficulté et à permettre une réelle collaboration entre les établissements concernés, l’éducation nationale et les collectivités territoriales. En outre, les députés socialistes souhaitaient permettre à certaines collectivités d’accueillir en stage des élèves exclus d’établissements, de travailler à la fidélisation des personnels de certains établissements et la création d’un corps de surveillants. La nécessité d’assurer un taux d’encadrement correct en matière de CPE avait également été rappelé par les socialistes.

Il aura fallu attendre un an pour que le gouvernement organise les Etats Généraux sur la sécurité dans l’école. Or, dans cette proposition de loi, au lieu de répondre aux propositions formulées lors de ces Etats Généraux s’agissant du décrochage qu’annonce ou qu’accompagne l’absentéisme d’un élève, la majorité UMP a fait le choix de la suppression des allocations familiales aux familles des enfants concernés par ces conduites.

L’absentéisme est un problème aux causes multiples, l’UMP n’oppose qu’une solution : la punition.

Sans démontrer en quoi que ce soit pourquoi et comment la suppression des allocations familiales rendrait un élève absentéiste soudainement assidu et studieux.

L’UMP serait d’ailleurs bien en peine de le faire puisque les pays (dont la Grande-Bretagne) qui ont appliqué cette mesure à grande échelle ont fini par reconnaître que ce n’était une solution ni à l’absentéisme ni à l’échec scolaire.