L’Office National des Forêts menacé de délocalisation
Le gouvernement multiplie les annonces de délocalisations d’établissements publics installés à Paris ou dans la Petite Couronne : INSEE, INRAP, ONF…Dans tous les cas, les motifs apparaissent opaques et les décisions prises sans concertations.
Le 8 octobre dernier, Sandrine Mazetier a répondu à l’invitation de l’intersyndical de l’Office National des Forêts dont le siège est situé avenue de Saint Mandé dans le 12e. Celui-ci s’oppose au projet de délocalisation et de restructuration présentée par la Direction de cet Etablissement
L’ONF est un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC) crée en 1966. Ses principales missions consistent en la gestion des forêts domaniales et des forêts publiques relevant du Régime forestier ainsi que la réalisation de missions d’intérêt général confiées par l’Etat. L’ONF développe également diverses prestations de services : gestion, expertise, travaux, au profit de tous clients dans ses domaines d’excellence que sont les espaces naturels, l’environnement, la filière forêt bois et le développement des territoires.
L’Office national des forêts est administré par un conseil d’administration dont le champ de compétences est défini par le Code forestier. Son président et ses membres sont nommés par décret du Gouvernement. Son directeur général est nommé en Conseil des ministres. L’ONF est organisé en 10 directions territoriales et 5 directions régionales (Corse, La Réunion, Guyane, Guadeloupe et Martinique), 66 agences et plus de 500 unités territoriales ou spécialisées. Son siège est à Paris. Il emploie environ 6.800 fonctionnaires (et contractuels assimilés) et près de 3.200 ouvriers forestiers. Le site parisien compte environ 340 salariés.
Le plan général de restructuration a été annoncé par le Directeur général – sans concertation préalable avec syndicats – lors d’un Conseil d’Administration le 25 septembre dernier – une réunion de travail entre les partenaires prévue le 16 septembre avait été annulée au dernier moment.
Ce plan de restructuration n’est pas contenu dans le Contrat de plan Etat-ONF ni dans le projet d’établissement.
Les syndicats ont donc été mis devant le fait accompli d’un plan prévoyant la suppression d’une direction territoriale, la réorganisation des agences… et la délocalisation du siège parisien à Compiègne. Cette ville a été choisie sans aucune étude préalable d’impact. Doit-on comprendre que le gouvernement à offert ainsi une compensation à une ville de garnison victime de la réforme de la carte militaire ?
Le coût du déménagement paraît exorbitant en période de récession : Le chiffre de 20 millions circule – mais celui-ci sera probablement supérieur si l’on considére le logement des personnels et les infrastructures à créer.
La presse picarde a récemment annoncé le chiffre de 250 personnes délocalisées, ce qui inquiète les syndicats qui craignent que cette délocalisation inutile ne soit accompagnée d’un plan de licenciements.
Cette décision – dans sa forme comme dans son contenu – méprise les personnels – dont certains travaillent depuis très longtemps à l’ONF – ainsi que leurs familles – beaucoup d’entre elles se sont en effet installées à Paris ou à proximité. Avec cette délocalisation de l’ONF, on dépouille le 12e de ses emplois – et cela sans avoir fait la preuve de la pertinence, de l’urgence ou de l’efficacité de cette décision pour le devenir de l’établissement.
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