Le Grand Paris raté !

Jeudi 15 octobre 2009

Catégorie : A l'Assemblée Nationale

Mots-clés:

Le Grand Paris raté !Quelle déception !!!

On est bien loin, en effet,du travail visionnaire des architectes et des urbanistes qui ont été consultés à l’origine du projet(toujours visible au Trocadéro), bien loin des enjeux de la ville durable, ou des préoccupations des Franciliens en matière de transport, de logement, de solidarité territoriale, de cadre de vie, de développement durable…

Une expropriation démocratique

Ce projet de loi, qui touche aux transports et à l’aménagement de la région parisienne, aurait pu être une bonne nouvelle, s’il avait signifié le retour, dans un partenariat intelligent avec les représentants des Franciliens, d’un Etat qui a cessé depuis près de 20 ans, d’investir en Ile-de france (à titre d’exemple, l’Etat ne met pas un centimes dans l’extension du tramway des maréchaux, que seules la Ville de paris et la région Ile-de-France financent).

Au lieu de cela s’exprime la volonté de réinstaller l’Etat comme décideur, maître d’œuvre des politiques d’aménagement, au mépris des collectivités locales, et de leurs habitants. Il s’agit litteralement d’une forme « d’expropriation démocratique ».

Le projet prévoit ainsi la création d’une Société du Grand Paris (SGP), mastodonte bureaucratique pilotée par l’Etat, dotée d’ un rôle d’aménageur de vastes zones situées autour des 40 gares et pour ce faire dispose d’une arme fatale : le droit de préemption et d’expropriation des sols ! Ainsi, en Ile de france, sur des territoires équivalent à 3 fois Paris, c’est le Préfet de Région qui déciderait des aménagements et non plus les habitants. Fini les plan locaux d’urbanisme, les enquêtes publiques…

Cette machine de guerre recentralisatrice que veut mettre en œuvre Nicolas Sarkozy serait un profond retour en arrière, un déni de démocratie qui aurait des répercussions très négatives sur l’avenir du Grand Paris.

Le temps est fini de l’urbanisme autoritaire et éradicateur du Baron Haussmann. Nicolas Sarkozy devrait pourtant savoir que les projets urbains conduits à la hâte sans concertation avec les habitants et les élus, comme Jacques Chirac le pratiquait lorsqu’il était Maire de Paris, sont désormais rejetés par les citoyens.

Aujourd’hui, il ne saurait y avoir de projet urbain sans la participation de tous. La démarche purement étatiste en matière de politiques urbaines est parfaitement régressive. Le schéma de gouvernance technocratique et autoritaire tel qu’il est prévu dans le projet de loi conduira le Grand Paris à la faillite. L’enjeu est de taille : à peine initié, le projet du Grand Paris pourrait être privé de légitimité démocratique, ce qui le conduirait immanquablement à l’impasse et au gâchis.

Payer pour tout, ne décider de rien

Ce projet prévoit ainsi à un horizon évidemment très éloigné, et pour un coût astronomique (et manifestement sous estimé) de 35 milliards d’euros la création d’un métro automatique de 130 km autour de Paris et d’une quarantaine de gares reliant entre elles des pôles de compétitivité.

Pourtant, depuis des mois, les élus franciliens (Région Ile de France, Paris Métropole, et tous les départements), ont identifié une liste de projets prioritaires en matière de transport, qui fait consensus et répond concrètement aux urgences : Arc Express (projet de rocade en petite couronne), prolongement de la ligne 14, d’Eole, la rénovation du RER, le désengorgement de la ligne 13…

Toutes les collectivités sont tombées d’accord pour financer ensemble, dans un plan de mobilisation défini par Jean-Paul Huchon et l’ensemble des Conseils Généraux d’Ile de France (dont Paris) ces projets, et rattrapper en 10 ans le désinvestissement de l’Etat depuis 20 ans. Ce plan de mobilisation est estimé à 18 milliards, ce qui est considérable, 12 milliards étant apportés par les collectivités, 6 étant attendus de l’Etat. L’Etat ne répond pas.

Au lieu de cela, le projet prévoit le financement de ces projets dont les Parisiens, les franciclciens n’auront pas décidés par des taxes suppléentaires pour les Franciliens ! En somme, on nous propose rien moins que payer pour tout sans décider de rien.

Ce texte est en somme une occasion gâchée pour Paris et l’Ile-de-France : excès de précipitation, retour à des méthodes d’aménagement pompidoliennes, mépris des Franciliens et de leurs élus, vision technocratique de l’avenir de la région capitale,…

Le projet de loi pourrait être présenté à l’Assemblée dès la 3e semaine de novembre. Vous pouvez compter sur ma détermination et celles de tous les parlementaires socialistes, à le combattre.

Je suis sûre qu’il est possible de penser l’avenir tout en répondant concrètement aux besoins immédiats et aux aspirations de nos concitoyens, sûre qu’il est plus efficace et plus juste d’élaborer ensemble pour oeuvrer utilement.