Inauguration dans le 12e des nouvelles rues Simone Iff et Louise Hervieu, et de la place Gertrude Stein

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Publié le 8 mars 2017
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Dans le cadre de la Journée internationale des Droits des Femmes, j’ai participé, aux côtés de Catherine Baratti-Elbaz, Maire du 12e arrondissement, à l’inauguration de trois nouvelles voies dans le quartier Charolais-Rotonde. Elles porteront désormais le nom de trois grandes figures féminines du XXe siècle : Louise Hervieu, Gertrude Stein et Simone Iff.

Ce fut l’occasion de rendre hommage à ces trois vies exceptionnelles.

 


Simone Iff
(1924-2014) fut toute sa vie une inlassable militante des droits des femmes.

Issue d’une famille protestante (son père est pasteur), ses parents lui transmettent dès son plus jeune âge le goût du militantisme en venant en aide aux réfugiés.

En 1946, elle entre dans l’association protestante Mouvement Jeunes Femmes dont le but est de permettre à des femmes protestantes mariées de mettre en œuvre leurs convictions chrétiennes, et de se sentir solidaires les unes des autres sur leurs problèmes spécifiques. Une forte demande d’information sur le contrôle des naissances émerge au sein de ce mouvement, à une époque où le sujet de la sexualité des femmes conserve un caractère tabou. Le Mouvement Jeunes Femmes devient alors un mouvement de promotion et de défense du droit des femmes. Il participe à la création de l’association La Maternité heureuse, qui devient en 1960 le Mouvement français pour le planning familial (MFPF) et qui se donne pour but répondre aux nombreuses questions sur le contrôle des naissances, l’information sur ce thème restant alors interdite par une loi en vigueur depuis 1920. Co-fondatrice du MFPF, Simone Iff en sera présidente de 1973 à 1980.

 

Pour les femmes, l’un des grands fléaux de l’époque sont les avortements clandestins. En 1971, pour rompre le silence qui pèse sur ces drames, Simone Iff s’investit pleinement dans la publication du « Manifeste des 343 ». Elle s’engage évidemment en faveur de la loi Veil autorisant l’IVG. Néanmoins, elle refuse de le voir comme une seule question de santé publique, mais surtout comme un droit fondamental des femmes.

Jusqu’à son dernier jour, Simone Iff est restée bénévole du « Planning ».

 

Louise Hervieu (1878-1954) est une artiste peintre, lithographe et écrivaine française. 

Dessinatrice de renom, elle illustra ses propres ouvrages mais également ceux de nombreux grands auteurs comme Charles Baudelaire.

Son roman autobiographique Sangs est couronné par le prix Femina en 1936. Ce prix lui permet de donner une grande publicité au combat qu’elle mena durant toute sa vie contre la maladie qui la fit souffrir constamment.

En effet, syphilitique de naissance, Louise Hervieu s’est battue sans relâche pour que les pouvoirs publics assurent une politique de prévention et de suivi par la création d’un carnet de santé pour tout nouveau-né, dans lequel auraient été inscrits les antécédents des parents ainsi que tous les soins, toutes les maladies de l’enfant, puis de l’adulte jusqu’à son décès, pour servir à son tour à maintenir en santé ses enfants et ses petits-enfants.

C’est grâce à son engagement sans faille pour cette cause que le carnet de santé voit finalement le jour en 1938 et est généralisé en 1939.

 

 

 

Gertrude Stein (1874-1946) est une écrivaine et collectionneuse d’art américaine qui à partir de 1904 vécut toute sa vie à Paris.

Installée dans le 6e arrondissement qu’elle ne quittera plus, elle devient rapidement l’une des plus grandes collectionneuses d’art moderne en commençant par Matisse et Picabia.

Au 27 rue de Fleurus, adresse devenue mythique, Gertrude Stein tient salon. On y voit défiler le Tout-Paris artistique, mais aussi les artistes de passage du monde entier, toute l’avant-garde de l’art moderne, notamment les cubistes. Picasso fera d’ailleurs d’elle un célèbre portrait en 1906.

C’est donc le plus souvent  autour d’elle que se réunit l’Ecole de Paris qui fait alors les grandes heures de Montparnasse. S’y côtoient Picasso, Chagall, Soutine, Modigliani, Fujita et autres peintres illustres.

Si l’influence  de Gertrude Stein diminue après la Première Guerre Mondiale, elle reste dans l’entre-deux-guerres un point de repère pour nombre de jeunes écrivains américains appelés à la plus grande célébrité : Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald, John Steinbeck… Elle les baptise du nom de « lost generation » qui entre dans l’histoire de la littérature mondiale.

Toujours à l’avant-garde de son époque, Gertrude Stein fut aussi l’une des premières femmes connues à assumer son homosexualité et vivra au grand jour avec l’amour de sa vie Alice Toklas de 1909 jusqu’à sa mort. Elle lui consacrera d’ailleurs en 1933 son œuvre la plus connue : Autobiographie d’Alice Toklas.

 

 


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