Grand Paris : balle au centre
Le projet de loi sur le Grand Paris a été adopté définitivement jeudi 27 mai par le Parlement, après un ultime vote au Sénat (179 voix contre 153) ouvrant ainsi la voie à la construction d’un Grand Huit (métro souterrain) autour de Paris.
Ce « Grand Huit » a trois défauts que nous n’avons cessé de dénoncer. Son tempo – il faudra 25 ans pour l’accomplir alors que la situation des transports impose d’améliorer le quotidien des usagers – Son coût : 25 milliards, soit ce qui est espéré du grand emprunt national, avec un remboursement sur 80 ans qui pèsera sur les générations futures – Son tracé : il va augmenter les inégalités économiques et résidentielles entre les localités desservies et toutes les autres. Comme le rappelle récemment Paul Chemetov et Guy Burgel « Ce n’est pas en faisant de Paris une place financière sur le modèle de Londres – aujourd’hui déclinante – que l’on fera de Paris une métropole de l’après- Kyoto ».
A travers cette loi, la majorité parlementaire UMP a en outre décidé de remettre en cause les compétences des maires : la Société du Grand Paris, où l’Etat sera majoritaire, pourra décider seule, contre l’avis des communes, de projets d’aménagement urbain de 50 ha autour des nouvelles gares.
Seul point positif : le projet de transport, porté par la Région Ile-de-France, « Arc Express », qui a fait l’objet d’une large concertation et d’une adoption par l’ensemble des collectivités locales concernées, est enfin reconnu. Ce projet de transport, qui doit permettre l’accroissement des déplacements de banlieue à banlieue par la création en 2017 d’une rocade de métro automatique en proche couronne, fera prochainement l’objet d’un débat public et les citoyens pourront ainsi être informés et réagir aux deux projets, celui du Grand Huit et celui d’Arc Express.
En parallèle, Nicolas Sarkozy a du céder sur le Schéma directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF). Bloqué depuis 2007 par l’Etat, il a enfin accepté de transmettre ce document au Conseil d’Etat, comme le lui demandait depuis des mois Jean Paul Huchon, le Président du Conseil régional d’Ile-de-France, les élus Franciliens et les représentants des forces économiques et sociales qui ont participé à l’élaboration de ce projet. Avec ce SDRIF, la Région Ile-de-France va se doter d’un instrument d’aménagement qui garantit le développement équilibré, durable et partagé des territoires, en particulier en matière de logements (passer de 40.000 à 60.000 logements construits/an), d’environnement, de dynamisme économique…
De même, après des mois de tergiversations, Nicolas Sarkozy a enfin réaffirmé le maintien des engagements financiers de l’Etat aux collectivités locales, notamment dans le cadre du Plan de mobilisation pour les transports adopté par le Conseil régional d’Île-de-France. Avec un budget de 18 milliards d’euro, ce plan doit permettre de réaliser d’ici 2020 tous les projets indispensables au quotidien des usagers des transports franciliens comme la désaturation de la ligne A du RER et de la ligne 13 du métro ou la prolongement du Tramway.






