L’égalité hommes-femmes en 2010 : un combat urgent

Lundi 8 mars 2010

Catégorie : A l'Assemblée Nationale

Mots-clés:

Consacrée par l’article 3 du préambule de la constitution de 1946 qui dispose que « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme », reconnue dans le Traité sur l’Union Européenne et dans la charte des Droits fondamentaux de l’Union, l’égalité homme-femme est un combat législatif tout autant que sociétal. Pour autant, même si l’année 2010 marque le centième anniversaire de la journée internationale de la femme, ce combat pour l’égalité, portée de longue date par l’ensemble des partis progressistes et par les nouveaux mouvements sociaux, est loin d’être achevé. L’éducation, l’égalité professionnelle, la parité en politique, la vie privée et familiale sont autant de sphères dans lesquelles des inégalités entre les sexes persistent, voire dans certains cas se creusent. En tout état de cause, les enjeux sont aujourd’hui bien définis.

Même si le principe « à travail égal, salaire égal » existe dans les traités communautaires depuis 1957, l’écart de rémunération au niveau européen stagne autour de 17% depuis maintenant de longue années. Les femmes sont les premières à subir la précarité et les discriminations sur le marché du travail : 80% des salariés pauvres sont des femmes, qui dans la plupart des cas travaillent à temps partiel subi. En 2010, en France, le taux de chômage des femmes est de 9,6 % contre 8,1 % pour les hommes. 30,3 % des femmes actives occupent un emploi à temps partiel contre 5,8 % des hommes. Le salaire annuel moyen brut des femmes est inférieur à celui des hommes de 18.9 % dans le secteur privé et semi-public, de 37% si on intègre les heures des temps partiels. Ajoutons que le risque de ne pas retrouver du travail est plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Au niveau de l’emploi, il nous faut donc accorder une attention particulière à l’évolution des emplois en temps partiel ainsi qu’aux conditions d’embauches et de revenus.

Majoritaires à l’université (elles représentent 56,4% des effectifs universitaire), les jeunes femmes sont sous-représentées dans les classe préparatoires et les grandes écoles ou elles ne forment que 42% des effectifs. Mais encore, les femmes demeurent nettement en minorité dans les postes hiérarchiquement les plus élevés. Ainsi, 30 % seulement des chefs d’entreprises sont des femmes. De même, il n’y a que 10 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés du CAC 40. Dans la fonction publique d’État, les femmes constituent 50,8% de l’effectif total mais n’occupent que 16,1% seulement des emplois de direction. La mixité des instances de directions peut pourtant être un facteur de dynamisme potentiellement créateur de richesse. A titre de comparaison, l’expérience de la Norvège qui impose depuis 2006 la présence obligatoire d’un minimum de 40 % de femmes dans les instances de gouvernance des entreprises, est révélateur du succès économique et social d’une politique volontariste en la matière.

En politique, le pari est également loin d’être gagné: en 2008, la France se classait au 58e rang mondial pour sa place des élues dans les Assemblées, avec 18,5 % de députées et 21,9 % de sénatrice. En comparaison, en Europe, les Suédoises sont représentées par 47% d’élus, les Hollandaises par 39,3%, et les espagnoles et les norvégiennes par 36%. Le plus alarmant en la matière reste la réforme territoriale actuellement en débat : En fusionnant Conseiller régional et Conseiller général en un seul élu, le conseiller territorial, le projet porte un sérieux coup à la parité en politique. Le Conseiller territorial serait en effet élu au scrutin majoritaire uninominal, mode de scrutin avantageant clairement les hommes, à l’image des conseillers généraux qui sont actuellement à 88% masculin, alors même que les scrutins de liste (municipales, régionales) favorisent la parité, les lites devant être strictement paritaires pour être recevables (les femmes pèsent en effet 47,6 % des conseillers régionaux).

Les socialistes considèrent comme décisif dans la bataille de l’égalité l’instauration d’un service public de la petite enfance ainsi qu’un congé parental égal et obligatoire qui représentent des réponses indispensables vue d’un partage égal des responsabilités professionnelles et familiales, notamment afin de mieux articuler vie professionnelle et vie privée.

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