Des parlementaires contre le démantèlement de l’hôpital Trousseau
Mercredi 2 juin 2010
Catégorie : A la Une, En circonscriptionMots-clés: 12ème arrondissement, APHP, Hôpital Trousseau
Mardi 1er juin à 9h, Sandrine Mazetier a participé avec des députés de différents groupes siégeant à l’Assemblée Nationale à une rencontre des personnels médicaux et non-médicaux de l’hôpital Trousseau.
A un mois de l’adoption du plan stratégique 2010-2014 annoncé par la Direction de l’APHP, Sandrine Mazetier a tenu à réaffirmer son opposition au démantèlement de l’hôpital Trousseau, son soutien à une démarche d’audit international indépendant sur la restructuration de l’APHP en général et de l’offre pédiatrique en particulier.
Elle a aussi rappelé la nécessité d’un investissement conséquent de l’Etat pour l’hôpital public à Paris. Aucune réforme n’est envisageable avec la suppression annoncée de 3.800 emplois et la diminution des investissements de l’Etat.
L’APHP a besoin d’un véritable projet (médical, économique et social) et le temps de la concertation avec tous les acteurs doit être respecté.
L’offre pédiatrique à Paris a besoin de Trousseau. L’amélioration de cette offre doit intégrer les propositions du collectif « Pour un Nouveau Trousseau ».
Sandrine Mazetier et les députés présents ont décidé d’attirer l’attention du gouvernement sur le caractère incompatible d’une évaluation sérieuse de l’offre pédiatrique à Paris et de son évolution avec le calendrier unilatéralement fixé par la Direction générale de l’APHP.
La réforme de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP) est souhaitable et possible, si elle repose sur un projet médical.
L’hôpital public doit en effet évoluer pour améliorer la prise en charge des patients, intégrer les progrès scientifique, organiser son développement…
Mais rien n’est possible avec la suppression de 3 800 emplois et la diminution des investissements de l’Etat annoncées en janvier par la direction de l’AP-HP et le gouvernement dans le cadre du plan stratégique 2010-2014.
Projet de santé publique contre logique comptable
Cette décision a aussitôt été rejetée par l’ensemble de la communauté médicale, les élus et les patients. Avec Bertrand Delanoë et Jean-Marie Le Guen, adjoint au Maire de Paris chargé de la santé publique et Président du Conseil d’administration de l’AP-HP, j’ai signé – comme 7 500 Parisiens – la pétition « défendons l’AP-HP » dans laquelle nous demandons au gouvernement de retirer son plan de suppression d’emplois et de donner à l’AP-HP les moyens de son avenir.
Au Conseil de Paris du 10 mai, la majorité municipale a voté une résolution proposant un plan d’investissement exceptionnel de 200 millions par an sur 10 ans et un plan stratégique fondé sur un projet médical, et non comptable, concerté avec la communauté hospitalière et les élus locaux…
Dans le 12e, ce désinvestissement se traduit, entre autre, par la fermeture de la maternité de Saint Antoine et le démantèlement annoncé de l’hôpital Trousseau.
Comme je l’ai indiqué aux membres du collectif pour un « Nouveau Trousseau », que j’ai rencontré en février dernier, la décision de la direction de l’AP-HP est inacceptable et témoigne d’un mépris des équipes médicales dont l’excellence est reconnue au plan local, régional, national et international.
Une ambition pour Trousseau
A l’issue de cette rencontre, j’ai publié un communiqué dénonçant, outre ce mépris, l’incroyable gâchis d’argent public que constitue ce démantèlement. En effet, il y a 3 ans, on créait, à côté de Trousseau, une maternité de niveau 3, précisément pour l’adosser à un hôpital pédiatrique d’excellence. C’est pourquoi j’ai participé le 8 mars, aux côtés de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil Régional d’Ile-de-France, et de nombreux élus à la manifestation et à la réunion publique du collectif pour un Nouveau Trousseau à l’Espace Reuilly.
Une grande réforme de la pédiatrie à Paris devrait consister à répondre aux enjeux actuels. Les enfants qui naissent aujourd’hui seront centenaires si dès le plus jeune âge on leur permet de constituer un « capital santé » et de le préserver.
Pour ce faire, l’offre pédiatrique doit articuler proximité et excellence, réponse au quotidien comme formation universitaire et recherche de pointe, pédiatrie générale comme spécialisée ou sur-spécialisée (comme c’est le cas à Trousseau qui a su construire des synergies entre ses différentes équipes), mais aussi pédiatrie sociale.
Dans l’offre pédiatrique actuelle, ni a fortiori dans les projets comptables de l’AP-HP on ne trouve l’ensemble des éléments constitutives d’une véritable politique pédiatrique visant à réduire les inégalités d’accès à la prévention et aux soins, par exemple en matière de troubles de l’apprentissage, ou de troubles du comportements et conduites à risques (épidémie d’obésité infantile, anorexie, boulimie, tentative de suicide, ad- dictions…) qui concernent pourtant tant d’enfants et adolescents. C’est forte de cette conviction que je soutiens la proposition formulée par Jean-Marie Le Guen d’un audit international indépendant sur la réorganisation de l’offre pédiatrique à l’AP-HP.
Dans une réforme qui aurait ce niveau d’ambition, le projet du Nouveau Trousseau, conçu par les équipes et tous les personnels de l’établissement, aurait toute sa place et l’hôpital Trousseau un rôle stratégique à jouer.
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