Darcos et les violences scolaires : copie hors sujet
Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale a proposé la création d’une « force mobile d’agents en milieux scolaire » et la généralisation des portiques à l’entrée des écoles pour lutter contre les violences scolaires.
Ces propos inappropriés ressemblent à une nouvelle provocation à l’égard de la communauté scolaire, des enseignants et personnel d’éducation. Ils s\’inscrivent dans une fâcheuse tendance de ce gouvernement à imposer un traitement policier de la jeunesse, au détriment des missions éducatives de l’Education Nationale.
Le gouvernement chercherait-il à détourner l’attention des conséquences de sa propre politique ? Les suppressions d’emplois et la réduction d’effectifs depuis plusieurs années dans l’Education Nationale ne permettent plus aux équipes éducatives d\’assurer leur rôle de suivi et de prévention auprès de la jeunesse.
On ne compte plus les collèges où les conseillers principaux d’éducation sont en sous effectif pour assurer le rôle de suivi et de prévention auprès des élèves. Les surveillants ont été purement et simplement supprimés. Il en va de même pour les assistants sociaux ou infirmiers dans les établissements qui ne peuvent plus assumer leur rôle essentiel de prévention.
La lutte contre la violence à l’école doit être une priorité. Mais Xavier DARCOS se trompe de cible en concentrant ses interventions sur le port d’armes. Ces agressions violentes sont heureusement très rares. Beaucoup plus inquiétantes sont les augmentations de violences au quotidien dans les établissements : agressions entre élèves ou avec leurs enseignants, insultes, incivilités.
Le problème des violences scolaires ne se résoudra ni par l’instauration d’une brigade spéciale, ni par des portiques à l’entrée des écoles, ni encore par une systématisation des fouilles au corps.
Il semblerait qu’il n’y ait pas de consensus sur ces solutions au sein même du gouvernement. La Ministre de l’Intérieur elle même, compétente sur les questions de sécurité et de violence, ne « croi[t] pas à la généralisation des portiques dans les écoles ». A propos du GIGN scolaire, elle ajoute « ça me paraît un peu compliqué, il faut passer un concours ou un examen et être formé très sérieusement » (Le Monde, 25 mai 2009) Un désaveu pour le Ministre de l’Education Nationale, dont les propositions sont non seulement battues en brèche par l’opposition, les syndicats mais même par ses propres collègues du gouvernement.
Pour répondre réellement à ces difficultés, le gouvernement doit redéfinir les conditions d’encadrement des élèves dans tous les établissements, en revenant sur les suppressions de postes et en négociant avec les organisations syndicales la création de surveillants éducatifs formés, sous la responsabilité des conseillers principaux d’éducation. Des discussions doivent également s’engager, en associant les collectivités territoriales, pour assurer la sécurité des élèves aux abords des établissements.
J’invite par conséquent le Ministre à revoir sa copie, à revenir sur les suppressions de postes afin de travailler à l’amélioration de l’encadrement humain des élèves, particulièrement dans les zones sensibles. C’est la meilleure formule pour lutter durablement contre les violences scolaires.
Lire le communiqué du Parti Socialiste
Partager cet article
Recevoir ma newsletter
Découvrir d'autres articles :
- Défendre l’école
- Séance d’autocongratulation du Ministre de l’Education nationale, M. Xavier Darcos
- Lycée Paul Valery : des députés socialistes soutiennent le mouvement lycéen
- Intervention sur les violences scolaires, examen de la proposition de loi contre les violences en groupe
- Rentrée scolaire 2009 : l’éducation nationale en danger






